Je cours, je ne sais pas où je vais. Mais je cours !

J’entends sa respiration qui résonne derrière moi. Je passe la porte de la salle à manger. J’accélérais. Je les sème. Je m’accroupie dans un coin. J’attends quelques secondes puis me glisse sous la table, je me dis que c’est plus prudent. Je tremble de tous mes membres. C’est alors que j’entends des pas qui viennent dans ma direction. M’a-t-il trouvé ? J’angoisse : les pas se rapprochent. Puis une silhouette surgit. Je bloque ma respiration. Je souffle : c’est Anne ! Elle se glisse sous la table, je lui demande en chuchotant : "Tu l’as semé ?" Elle me répond : « Je crois mais je ne suis pas sûre du tout. » Juste après cette phrase j’ai encore plus peur, elle ne l’a pas semé c’est sûr !

Je sors de ma cachette et me dirige vers la porte qui est à l’opposé de celle que j’ai prise tout à l’heure. Anne me dit d’un coup brusque : « Tu vas où ? Ne me laisse pas toute seule ! » Je ne lui réponds pas : pas le temps ! Cette fois ce sera chacun pour soi ! Je me déçois d’être autant égoïste. Si je m’en sors, je me promets de faire des efforts là-dessus ! Je suis dans le couloir : à ma gauche j’ai un placard. J'hésite à rentrer à l’intérieur.

Quand je me rends compte que je suis au milieu du couloir, je me jette dedans. Il fait noir. Je suis coincée entre l’aspirateur, les vieilles paires de chaussures que maman ne trouve plus à la mode et les manteaux qui pendent ! J’essaye de reprendre une respiration calme. Mon cœur bat tellement fort que je crains qu’on l’entende. J’attends, encore quelques minutes avant que je me dise : si il arrive ici, je suis sans issue piégée par moi-même. Si je veux m’en sortir il faut que je quitte ce cagibi au plus vite. Je pose mon oreille contre la porte. Aucun bruit : la voie est libre, je sors la tête et regarde de droite à gauche. Je m’élance à droite pour éviter de repasser devant la salle à manger.

J’arrive au salon. Mon premier réflexe est de me mettre derrière le gros canapé blanc, puis dans un nouvel élan je me glisse dessous. J’ai l’impression que je ne passerais jamais mais je suis tellement fine que j’arrive à me faufiler sans trop de difficulté. Je reprends ma respiration. Je vérifie qu’on n’aperçoit pas mes pieds, j’attache mes cheveux pour être sûre qu’ils ne prennent pas la poussière. Pose mes mains en dessous de ma tête. La nuit tombe et m’ajoute un sentiment d’insécurité.

Quelqu’un arrive. Ce n’est pas Anne avec ses chaussons on ne l’entend pas. Ma tête est bloquée je ne peux pas regarder qui arrive. Je ferme les yeux en me concentrant sur l’écoute. J’entends plutôt des petits bruits. Mon cœur s’accélère. Un crayon vient de tomber devant moi. Puis d’un bond il est à côté de moi me regarde avec ses grands yeux verts. Je passe ma main sur sa tête, et lui dis : "Bravo tu m’as encore trouvée !" Il me répond par un « Miaou » et des ronronnements. Je ne sais pas pourquoi mais avec mon chat je n’arrive jamais à gagner une partie de cache-cache !

Écrite par Elsa
Décembre 2011